Croire (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

( je crois, nous croyons ; je croyais, nous croyions ; je crus ; je croirai ; je croirais ; crois, croyons ; que je croie ; que je crusse ; croyant ; cru ). X e siècle, credre. Du latin classique credere, « confier en prêt », « , penser », « avoir confiance », et, en latin chrétien, « avoir foi en (Dieu) ».

I. Accorder une confiance sans réserve à une parole, à un témoignage.

A. V. tr.
1. Tenir un énoncé pour vrai. Croire un récit, une anecdote. Votre version des évènements n'est crue de personne. Comment pouvez-vous de telles sornettes ? Permettez-moi de n'en rien . Il croit tout ce qu'on lui raconte. Je n'en crois pas un mot. Le croira qui voudra, si invraisemblable que cela paraisse. Le croira qui voudra, je ne suis pour rien dans cette affaire. Je me refuse à sans preuves. C'est difficile à ou, fam., C'est à ne pas , c'est invraisemblable et pourtant vrai. Expr. En l'opinion, le jugement de quelqu'un, se ranger à son avis sur le sujet considéré. Par ext. Tenir quelque chose pour réel. Il ne croit que ce qu'il voit. Ce fait ne saurait être cru.
2. Tenir quelqu'un pour sincère et ajouter foi à ce qu'il dit ; tenir quelqu'un pour informé et se fier à son avis. Je veux bien vous . On doit le sur cette question, en ce domaine. Expr. En quelqu'un, le sur le sujet considéré. À l'en , s'il faut l'en , tout est perdu. À en des gens dignes de foi. Je vous en crois sur parole, sans chercher aucunement à vérifier ce que vous dites. Par ext. À en la renommée, les légendes. S'il faut en les apparences. Ne pas en ses yeux, ses oreilles, s'étonner, être surpris. En incise. Crois-moi, croyez-moi, croyez-m'en, je vous prie de me . Vous vous dégagerez, croyez-moi, de préjugés aussi ridicules. « Il ne fait pas chaud.

Je vous crois, il fait moins dix ! »
Iron
« Il a gagné la course ?

Je vous crois, il était le dernier ! »


B

V. intr.
1. Ajouter foi à un propos. Croire au rapport, aux déclarations de quelqu'un. Croire à des protestations d'innocence. Croire à la parole de quelqu'un, lui faire confiance, spécialement en pensant qu'il tiendra ses engagements. Croyez-vous à sa parole ? Personne ne croit plus à ses promesses. Bien m'en a pris, au milieu de ces difficultés, de en son jugement.
2. Accorder de la valeur à quelque chose, concevoir de l'espoir à son sujet ; avoir confiance en la valeur de quelqu'un, mettre en lui de l'espoir. Il croyait dans les capacités de son ami, à son avenir. Elle croyait en lui. Croire en soi.

II. Avoir une conviction intime d'ordre religieux.

A. V. tr. Recevoir pour vraie une proposition de foi, tenir pour réel un fait surnaturel. Croire les dogmes, les mystères de la religion chrétienne. Avec une proposition complétive. Croire que chaque âme connaît plusieurs vies en ce monde. Croire qu'il n'y a qu'un seul Dieu. Croire que Jésus est le Messie.

B. V. intr.
1. Dans les religions non révélées. Faire confiance à un être surnaturel dont l'existence est admise. Croire aux idoles. Beaucoup de Grecs de l'époque hellénistique ne croyaient plus aux dieux de l'Olympe. Croire en la protection des divinités ancestrales. Par ext. Croire à la réincarnation.
2. Dans les religions révélées. Pour indiquer une adhésion de cœur et d'esprit. Croire à, tenir pour existant et pour vrai Dieu, selon la Révélation. Croire au Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Croire à Jésus-Christ. Croire au Saint-Esprit. Expr. Il ne croit ni à Dieu ni à diable, c'est un parfait mécréant. Croire en, avec une insistance mise sur la confiance du fidèle. Croire en Dieu. Dans les pires épreuves, il crut en Jésus-Christ. À propos d'une vérité, d'une réalité surnaturelle. Croire à, en quelque chose. Croire à la parole de Dieu, au royaume de Dieu. Croire aux dogmes de l'Église. Croire au mystère de la Trinité. Croire à l'Incarnation, en l'Incarnation, à la vie éternelle, en la vie éternelle. Absolt. Avoir la foi. Chercher des raisons de . La volonté de . Témoins de ce miracle, tous se mirent à .
3. À propos de diverses croyances qui ne constituent pas des religions. Croire à, postuler la réalité de. Croire au loup-garou, aux fantômes. Croire à l'influence des astres, aux astres. Croire aux tables tournantes. Accorder du crédit aux doctrines de cet ordre. Croire à l'astrologie, au spiritisme. Expr. Y dur comme fer, avec une conviction obstinée, inébranlable. Fam. Il croit encore au Père Noël.
4. Par une laïcisation du terme. Espérer fermement en quelque chose, en sa réalisation ; mettre sa confiance en une doctrine politique, sociale. Ne plus en Dieu, mais en l'homme. Croire au triomphe de la civilisation sur la barbarie. Croire au progrès de l'esprit humain. Croire à une société sans classes. Croire au socialisme.

III. Sans disposer d'une connaissance certaine, former sur un sujet une opinion probable, accompagnée d'une plus ou moins grande persuasion intime.
1. V. tr. Présumer, estimer ; imaginer, conjecturer. Qui aurait jamais cru cela ? Qui l'eût cru ? Vous ne sauriez le plaisir, la joie que vous me faites. En incise, pour atténuer une affirmation. Il est né, je crois, en 1935. Suivi d'un infinitif. À tort ou à raison, il croit être victime d'une cabale. Je ne crois pas me tromper. Suivi d'une proposition complétive. Croire que le progrès des sciences est utile, est inutile au bonheur de l'homme. Croire que les conflits peuvent se régler par la négociation. Je crois qu'il est quelque part en Asie, je le crois en Asie. Tout laisse que le meurtre était prémédité. J'ai tout lieu de qu'il viendra. Que croyez-vous qu'il arriva ? Impers. Il est à que, il est vraisemblable que, on peut supposer que. Il est à , il faut qu'ils étaient complices. Pron. Se , suivi d'un attribut, se juger, s'estimer, s'imaginer. Il se croit malheureux. Je me crois obligé de lui répondre. Se au paradis. Se en butte à la jalousie. Expr. fam. Il se croit quelqu'un, il se croit beaucoup ou, ellipt., il se croit, il s'en croit, il n'a pas petite opinion de soi, il se donne plus d'importance qu'il n'en a.
2. V. intr. Admettre pour sa part la vérité ou la réalité d'une chose, tenir pour hautement vraisemblable. Croire à l'innocence, à la culpabilité de quelqu'un. Croire à la bienveillance de ses proches. Les plus nombreux crurent à un empoisonnement, quelques-uns à une mort naturelle. En présence de ces symptômes, on aurait pu à une maladie grave. Faire une conjecture portant sur l'avenir. Je ne crois guère à cette éventualité. Les experts croient à une dévaluation prochaine. Il ne croit pas à la guerre, il ne la juge pas imminente. Spécialt. Dans les formules de politesse par lesquelles on conclut une lettre. Veuillez , je vous prie de à mes sentiments dévoués. Croyez, je vous prie, à mon amitié.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

("Je crois ; nous croyons. Je croyais ; nous croyions. Je crus. Je croirai. Crois. Que je croie ; que nous croyions. Que je crusse. Croyant. Cru.") Tenir pour véritable. "J'ai de la peine à tout ce qu'il dit. Vous ne me ferez jamais cela. Il croit cette histoire, ce conte. Ne croyez rien de tout ce qu'il vous dit. C'est un homme défiant, il ne croit que ce qu'il voit. Cela est aisé à . Il le croit bonnement. Permettez-moi de n'en rien . Vous en z ce qu'il vous plaira." Absolument, "Croire légèrement. Croire sans preuve. Il ne faut pas être si facile à ."
Il signifie particulièrement, en matière de Religion, Avoir la foi et recevoir avec soumission d'esprit tout ce que l'Église enseigne. "Je crois fermement qu'il existe un Dieu. Croire" "les mystères, les articles du symbole. Croire l'Évangile." On dit dans le même sens "Croire en Dieu, en" JÉSUS-CHRIST. "Croire à la Sainte Vierge, au Saint-Esprit." Absolument, "À la première prédication des Apôtres, beaucoup de Juifs crurent. Cet impie ne croit point."
Fam., "Croire une chose comme l'Évangile, comme article de foi," La fermement. "Croire tout comme article de toi," Être fort crédule.
Suivi d'un complément direct, nom de personne, il signifie Tenir pour sincère, véridique. "Croyez-vous cet homme-là? Je vous crois. C'est un menteur avéré, on le ne croit plus, il ne peut plus se faire . Il ne croit point les médecins."
"En quelqu'un, en quelque chose," S'en rapporter à quelqu'un, à quelque chose. "Je vous en croirai sur parole. Il aura beau dire, il n'en sera pas cru. Si vous m'en croyez, vous ne ferez pas cela. À l'en , s'il faut l'en , tout est perdu. J'en crois à peine mes yeux. En z-vous cette lettre? Si j'en croyais mon courage. S'il faut en les apparences." On dit aussi "S'il avait voulu m'en , il ne serait pas aujourd'hui dans l'embarras." On dit également "S'en ," Obéir à un sentiment intime. "Si je m'en croyais, je ne le verrais plus."
"Croire à quelqu'un, à quelque chose," Ajouter foi à quelqu'un, à quelque chose, s'y fier. "Croire aux astrologues, aux voyants. Croire au rapport, au témoignage de quelqu'un. On ne croit plus à ses promesses, à ce qu'il dit." En parlant des Personnes, on dit aussi "Croire quelqu'un," mais avec une certaine différence dans le sens. "Croire un médecin," c'est Suivre ses avis, ses prescriptions. "Croire aux médecins," c'est Avoir foi dans leur puissance de guérir. "Croire en quelqu'un," Avoir confiance en lui, en ses talents, en sa parole.
"Croire à quelque chose" signifie aussi Tenir pour vraisemblable, réel ou possible. "Il proteste de son innocence, mais je n'y crois pas. Croire aux revenants, aux esprits, aux sorciers, à la magie."
Il signifie encore simplement Penser, estimer, s'imaginer, présumer. "À ce que je crois. Vous ferez bien, je crois, de ne plus fréquenter cet homme-là. Je crois cet homme capable de tout. Je l'avais toujours cru sage. Le croyez- vous homme d'honneur? On me croyait son père. Elle n'est pas aussi jeune que je l'avais cru. Qui aurait jamais cru cela? Que va-t-on de moi? Je crois tout de lui. Cet homme se croit habile. Il se crut obligé de répondre. Il se croyait au moment de réussir."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   V. a. Être persuadé qu'une chose est vraie, est réelle.
MOL.: « Un Turc, un hérétique qui ne croit ni ciel, ni saint, ni Dieu, ni loup-garou »
MOL.: « Mais encore faut-il quelque chose dans le monde ; qu'est-ce que vous croyez ? »
LAROCHEF.: « La promptitude à le mal sans l'avoir assez examiné est un effet de l'orgueil et de la paresse »
PASC.: « Incrédules les plus crédules, ils croient les miracles de Vespasien pour ne pas ceux de Moïse »
PASC.: « Vous ne pouviez plus mal choisir que d'accuser le Port-Royal de ne pas l'Eucharistie »
PASC.: « Il ne croit donc pas le sacrifice de la messe »
PASC.: « Le pape entreprend donc sur nos libertés dans cette bulle où il veut nous obliger de ses décisions »
PASC.: « Quand les pères ont condamné Eutychès, parce qu'il ne croyait qu'une nature en Jésus-Christ, a-t-il dit que non et qu'il en croyait deux ? »
PASC.: « En montrant la vérité, on la fait »
PASC.: « C'est un aveuglement de vivre mal en croyant Dieu »
BOSSUET: « Que dirai-je de ceux qui croyaient la transmigration des âmes ? »
BOSSUET: « Tels sont les prodiges qu'il faut quand on ne veut pas les miracles du Tout-puissant ? »
BOSSUET: « Au troisième jour il ressuscite, il paraît aux siens qui l'avaient abandonné et qui s'obstinaient à ne pas sa résurrection »
FLÉCH.: « Ces hommes délicats qui ne croient pas la vérité de Jésus-Christ et de la parole »
FÉN.: « Les uns croient la Providence, les autres la nient »
FONTEN.: « Ce qu'il croyait il le voyait, au lieu que les autres croient ce qu'ils voient »
FONTEN.: « Le gouverneur ne savait que des dieux, il était obsédé d'Épicuriens »
MASS.: « Il a recours au Dieu de ses pères ; il redoute ses jugements qu'il faisait semblant de ne pas »
MASS.: « Nous nous laissons mollement entraîner au cours fatal que nous emporte sur le préjugé général que nous ne croyons rien »
MASS.: « Vous tremblez sur un avenir que vous vous étiez vanté de ne pas »
MONTESQ.: « Ceux de Formose croient une espèce d'enfer »
MONTESQ.: « Ces auteurs, me repartit-il, n'ont pas cherché dans l'Écriture ce qu'il faut , mais ce qu'ils croient eux-mêmes »
VOLT.: « Si quelque chose justifie ceux qui croient une fatalité à laquelle rien ne peut se soustraire.... »
VOLT.: « Vous croyez tous les maux que votre âme redoute »
J. J. ROUSS.: « Si ces philosophes croient l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme »
    Croire une chose comme l'Évangile, comme un article de foi, la fermement.
    Croire tout comme article de foi, être extrêmement crédule.
    Familièrement. J'aime mieux le que d'y aller voir, se dit de choses qu'on dédaigne de vérifier, ou qu'on n'a pas le temps ou le moyen de vérifier.
    Si vous ne le croyez pas, allez-y voir, se dit à une personne qui doute.
    Terme de pratique. Croire un titre, le recevoir pour preuve.
    Faire une chose, la persuader. Nous serions coupables de faire une fausseté.
RAC.: « Je fis et je crus ma victoire certaine »
    Se faire , obtenir créance. Ce voyageur raconte de telles choses, qu'il a beaucoup de peine à se faire .
LA FONT.: « Ô bienheureux soupirs, favorables moments, Où l'un et l'autre coeur, plein de doux sentiments, Aime et le dit et se fait ! »
    Se faire une chose, se la persuader à soi-même.
PASC.: « L'homme est ainsi fait qu'à force de lui dire qu'il est un sot, il le croit ; et, à force de se le dire à soi-même, on se le fait »

 2   Ajouter foi à, obéir à, suivre l'avis. Croyez-vous cet homme-là ? Il ne croit pas les médecins. Je vous crois. Croyez-moi, ne faites point cela.
CORN.: « Il croit cette âme basse et se montre sans foi ; Mais, s'il croyait la sienne, il agirait en roi »
MOL.: « Ah ! ah ! qui des deux ? Ce discours au premier est fort contradictoire »
BOSSUET: « Les sages le prévirent ; mais les sages sont-ils crus en ces temps d'emportement, et ne se rit-on pas de leurs prophéties ? »
LA BRUY.: « Un honnête homme qui dit oui et non mérite d'être cru ; son caractère jure pour lui, donne créance à ses paroles et lui attire toute sorte de confiance »
RAC.: « Non, ou vous me z, ou bien de ce malheur Ma mort m'épargnera la vue et la douleur »
RAC.: « Oui, monsieur, je vous crois, comme mon propre père »
SAINT-SIMON: « Qui l'aurait crue [la maréchale de Clérambault], on eût fait son repas sans quitter les cartes »
A. CHÉN.: « Souffle sur ton amour, ami, si tu me crois »
    Par extension.
CORN.: « J'ai failli, je l'avoue, et mon coeur imprudent A trop cru les transports d'un désir trop ardent »
ROTROU: « Et la pitié qui me pourrait surprendre »
RAC.: « Et de mille remords son esprit combattu Croit tantôt son amour et tantôt sa vertu »
    S. m. Le , l'action d'ajouter foi.
GARASSE: « Jamais on ne toucha mieux le naturel de la croyance en matières de choses humaines que quand on a dit que le est une courtoisie ; car, comme c'est une courtoisie de à un homme d'honneur, aussi est-ce une incivilité bien rustique de démentir de braves et fidèles écrivains »

 3   En , locution dans laquelle en, signifiant proprement sur cela, est devenu explétif.
CORN.: « Ne vous alarmez pas, elle ne m'en croit pas »
MOL.: « Je n'en serai point cru à mon serment, et l'on dira que je rêve »
BOSSUET: « Les enfants n'en veulent plus leurs grands-pères »
BOSSUET: « De cette sorte, saint Jean-Baptiste, qu'on jugea digne d'être le Christ, n'en fut pas cru quand il montra le Christ véritable »
BOSSUET: « On aimera mieux qu'un faussaire soit prophète qu'Isaïe, ou que Jérémie, ou que Daniel ; ou bien chaque siècle aura porté un faussaire heureux que tout le peuple en aura cru »
RAC.: « M'en z-vous ? Lassé de ses trompeurs attraits, Au lieu de l'enlever, fuyez-la pour jamais »
RAC.: « Ah ! fallait-il en une amante insensée ? Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée ? »
RAC.: « Quelle faiblesse à moi d'en un furieux ? »
RAC.: « Je m'en fie à Burrhus ; j'en crois même son maître »
RAC.: « Là, si vous m'en croyez, d'un amour éternel Nous irons confirmer le serment solennel »
VOLT.: « Ah ! si vous m'en croyez, ne m'interrogez pas »
VOLT.: « J'obéis sans rien craindre et j'en crois les oracles »
    À l'en , s'il faut l'en , locutions qui expriment le doute. à l'en , tout est perdu.
    Par extension.
CORN.: « En z-vous cette lettre ? S'il en croit votre ardeur, je suis sûr du trépas ; Mais peut-être, madame, il ne l'en croira pas »
CORN.: « Et vous n'en z pas toute cette colère »
CORN.: « En crois-tu mes soupirs ? en croiras-tu mes larmes ? »
ROTROU: « J'en ai cru le hasard »
RAC.: « Si j'en crois leurs alarmes »
RAC.: « Que n'en croyais-je alors ma tendresse alarmée ? »
RAC.: « Que si j'en crois ma gloire, il y faut renoncer »
RAC.: « En z-vous toujours un farouche scrupule ? »
VOLT.: « Je connais mal peut-être une loi si nouvelle, Mais j'en crois ma vertu qui parle aussi haut qu'elle »
VOLT.: « Et j'en croyais trop tôt un déplaisir mortel »
VOLT.: « Ciel ! que vois-je ! en croirai-je ma vue ? »
VOLT.: « N'en croyez pas, madame, un orgueil téméraire »
    En faire , dire des mensonges, tromper la crédulité.
CORN.: « À qui vous veut ouïr, vous en faites bien »
QUINAULT: « Il en ferait bien à des esprits mal faits »

 4   Penser, présumer, s'imaginer. Que va-t-on de moi ? Vous ne sauriez combien cela me contrarie. Il a cru bien faire.
PASC.: « Je vous pardonne d'avoir cru sur la foi du P. Bauny qu'Aristote ait été de ce sentiment »
PASC.: « Si on leur fait entendre que vous croyez pouvoir faire votre salut en calomniant vos ennemis »
SÉV.: « Je ne crois pas que j'en pusse sortir, si on y recevait de vos nouvelles »
BOILEAU: « Mais c'est un jeune fou qui se croit tout permis Et qui pour un bon mot va perdre vingt amis »
BOSSUET: « Un homme ne veut point qu'il soit orgueilleux, ni lâche, ni paresseux, il veut qu'il a raison »
BOSSUET: « Elle croyait servir l'État, elle croyait assurer au roi des serviteurs en conservant à Dieu des fidèles »
BOSSUET: « Assiége-t-il quelque place, il invente tous les jours de nouveaux moyens d'en avancer la conquête ; on croit qu'il expose les troupes ; il les ménage en abrégeant le temps des périls par la vigueur des attaques »
FLÉCH.: « Augustin crut que la pénitence n'avait rien qui déshonorât le sacerdoce »
RAC.: « Vous croyez qu'un amant vienne vous insulter ? Il vous rapporte un coeur qu'il n'a pu vous ôter »
RAC.: « Mais cependant, seigneur, que faut-il que je croie D'un bruit qui me surprend et me comble de joie ? »
RAC.: « Que croira-t-on de vous, à voir ce que vous faites ? »
MASS.: « Les grands ne comptent le reste des hommes pour rien et ne croient être nés que pour eux-mêmes »
MASS.: « Jésus-Christ souffre à notre place et les grands croient que tout doit souffrir pour eux »
MONTESQ.: « À voir le climat affreux de la Moscovie, on ne croirait jamais que ce fût une peine d'en être exilé »
D'ALEMB.: « Il en est de l'esprit et du goût comme de la philosophie ; rien n'est plus rare que d'en avoir, plus impossible que d'en acquérir, et plus commun que de s'en beaucoup Trop de, avoir une trop haute opinion de. »
CORN.: « Rome a trop cru de moi »
MOL.: « Et j'y pouvais un jour, sans trop de moi, Prétendre, en les servant, un honorable emploi »
    Je crois, à ce que je crois, employés comme incise, c'est-à-dire d'après mon opinion, selon mon sentiment Vous ferez bien, je crois, de ne plus fréquenter cet homme-là. Il avait, à ce que je crois, étudié la question la matinée.
    Je crois bien, signifie en certaines circonstances déterminées par le contexte : cela n'est pas étonnant.
PASC.: « Il n'aime plus cette personne, je crois bien, elle n'est plus la même »
    Regarder comme. On le crut fou.
LA BRUY.: « Il ne faut presque rien pour être cru fier, incivil, méprisant, désobligeant ; il faut encore moins pour être estimé tout le contraire »
    Croire quelque chose à quelqu'un, qu'il possède cette chose. Je lui crois beaucoup d'habileté Je croyais à cet homme plus de droiture qu'il n'en a.

 5   S'en rapporter à, compter sur.
RAC.: « Je croirais ses conseils et je verrais Pyrrhus »
RAC.: « J'ai prononcé sa grâce et je crois sa promesse »
RAC.: « Je fus sourde à la brigue et crus la renommée »
VOLT.: « Un malheureux sans nom, si l'on croit l'apparence »

 6   V. n. Ajouter foi.
CORN.: « Je crois sur sa parole, et lui dois tout crédit »
MOL.: « Juste retour, monsieur, des choses d'ici-bas ; Vous ne vouliez pas , et l'on ne vous croit pas »
    Être porté à se soumettre aux autorités supérieures, célestes.
PASC.: « L'esprit croit naturellement, et la volonté aime naturellement, de sorte que, faute de vrais objets, il faut qu'ils s'attachent aux faux »
BOSSUET: « Qu'il croie par raison ou par erreur »
DELILLE: « Du monde des humains inexplicable histoire ! Partout c'est le besoin d'adorer et de »

 7   Avoir la foi. à la première prédication des apôtres, beaucoup crurent.
CORN.: « Je vois, je sais, je crois, je suis désabusée »
PASC.: « Il y a trois moyens de : la raison, la coutume, l'inspiration »
BOSSUET: « Le miracle qu'elle attendait est arrivé ; elle croit, elle qui jugeait la foi impossible »

 8   Croire à, avoir confiance en, ajouter foi à.
CORN.: « Il [Attila] croyait fort aux devins, et c'était peut-être tout ce qu'il croyait »
MOL.: « Quoi ! vous ne croyez pas au séné, ni à la casse, ni au vin émétique ? - Et pourquoi veux-tu que j'y croie ? »
MOL.: « Allez, ne croyez point à monsieur votre père »
PASC.: « Direz-vous qu'ils la reçoivent [cette constitution] extérieurement, mais que dans leur âme ils n'y croient pas ? »
GRESSET: « Ô ciel ! qu'on doit peu Aux dehors imposants des humaines vertus ! »

 9   Croire à, être persuadé de l'existence de, de la vérité de. Il proteste de son innocence ; mais je n'y crois pas.
FONTEN.: « Comment n'eussent-ils pas cru aux oracles ? ils croyaient bien aux songes »
CONDORCET: « Le mot célèbre de Fontenelle à un prince qui lui disait qu'il croyait peu à la vertu : monseigneur, il y a d'honnêtes gens, mais ils ne viennent pas vous chercher »
CONDILLAC: « Ainsi de nouvelles erreurs entretiennent dans des erreurs anciennes ; et on croit à toutes avec d'autant plus de confiance, qu'on croit à un plus grand nombre »
LUCE DE LANCIVAL: « Je crois à la victoire et non pas à la paix »
C. DELAV.: « Je ne crois plus aux Dieux, je crois aux fils ingrats »
PASC.: « Il est dit : croyez à l'Église ; mais il n'est pas dit : croyez aux miracles, à cause que le dernier est naturel et non pas le premier ; l'un avait besoin de précepte, non pas l'autre »

 10   Croire en, être persuadé de l'existence de. Croire en Dieu.
BOILEAU: « Attend pour en Dieu que la fièvre le presse »
    Croire en soi, avoir une idée exagérée de son mérite.

 11   Se , v. réfl. Avoir certaine opinion de soi. Cet homme se croit habile.
CORN.: « Pour être plus qu'un roi, tu te crois quelque chose »
PASC.: « Il n'y a que deux sortes d'hommes : les uns justes qui se croient pécheurs, les autres pécheurs qui se croient justes »
    Penser quelque chose au sujet de soi. Il se croyait au moment de réussir.
VOLT.: « Je me croirais haï d'être aimé faiblement »
    Avoir confiance en soi.
CORN.: « Tout est illustre en eux quand ils daignent se »
FÉN.: « Écoutez tout le monde, croyez peu de gens, gardez-vous bien de vous trop vous-même »
    Être cru. Ce qui se dit souvent finit par se .
    S'en , obéir au sentiment qu'on a.
RAC.: « Mais, si je m'en croyais, je ne le verrais pas »
    S'en beaucoup, s'en beaucoup trop, avoir en ses forces ou son mérite une confiance exagérée.

PROVERBE Croyez cela et buvez de l'eau, c'est-à-dire buvez de l'eau pour mieux digérer de pareils contes.

REMARQUE
    1. Croire, suivi de que, dans une phrase affirmative, veut l'indicatif : Je crois que cela est.
CORN.: « Mais autrefois il n'en était pas ainsi ; et le sens dubitatif qui est naturellement attaché à faisait qu'on mettait volontiers le subjonctif : La plus belle des deux je crois que ce soit l'autre »
PASC.: « Je croyais bien qu'on fût damné pour n'avoir pas de bonnes pensées, mais.... »
LA FONT.: « Vous croyez donc qu'il faille avoir Beaucoup de peine à Rome en fait que d'aventures ? »
SÉV.: « Elle croyait que le petit Noirmoutier dût être aveugle »
SÉV.: « Je croyais que tout fût perdu »
SÉV.: « Je croyais que vous n'eussiez point fait réponse au cardinal »
SÉV.: « Il croyait que ce dût être le 15e de ce mois »
MASS.: « Malgré ce rejet actuel du subjonctif, on l'admettra sans peine dans une phrase telle que celle-ci : Nous nous demandons sans cesse ce qu'on croit que nous soyons »
    2. Croire suivi de que, dans une phrase négative ou interrogative, veut le subjonctif : Je ne crois pas qu'il vienne. Croyez-vous qu'il le fasse ? Avez-vous cru qu'il partît si tôt ? Je ne croyais pas qu'il payât. Croyez-vous encore qu'il ait de l'habileté, après toutes les sottises qu'il a faites ?
    3. Croire, dans une phrase interrogative, suivi de que, peut être suivi du futur de l'indicatif ou du conditionnel : Croyez-vous qu'il payera ses dettes ? Aviez-vous cru qu'il payerait ses dettes ? Les grammairiens se sont efforcés d'établir une différence de sens entre ces constructions et celles où l'on met le subjonctif ; croyez-vous qu'il paye ? aviez-vous cru qu'il payât ? mais toutes les différences paraissent arbitraires.
    4.
LAROCHEF.: « Croire se construit avec un verbe à l'infinitif sans préposition intermédiaire ; on n'imitera donc pas les exemples suivants : Ils [les évêques de Beauvais et Beaufort] crurent d'en venir facilement à bout »
J. J. ROUSS.: « Mais enfin croyez-vous de vivre toujours ? »
    5. On a dit en à :
BOSSUET: « Vous n'en avez cru ni à ma parole ni à l'expérience »
CRÉB.: « Il est mort ; cependant si j'en crois à mes yeux.... »
BERNIS: « Cet homme, car déjà j'en crois à ma fureur Cette locution n'est pas incorrecte en soi, puisqu'on dit activement en ; mais elle est peu usitée. »

SYNONYME
    1. CROIRE QUELQUE CHOSE, CROIRE à QUELQUE CHOSE ; CROIRE QUELQU'UN, CROIRE à QUELQU'UN. Croire quelque chose, c'est l'estimer véritable : Je crois ce que vous me dites. Croire à quelque chose, c'est y ajouter foi, y avoir confiance, s'y fier : Je ne crois pas à l'efficacité de ce remède. Croire quelqu'un, c'est ajouter foi à ce qu'il dit : Il ne faut pas les menteurs. Croire à quelqu'un, c'est à son existence : Croire aux sorciers, c'est qu'il y en a ; Croire les sorciers, c'est ce qu'ils disent.
    2. FAIRE CROIRE, FAIRE ACCROIRE., Faire , c'est persuader à autrui une chose que l'on croit vraie ou que l'on croit fausse. Faire accroire, c'est persuader à autrui une chose que l'on sait fausse. Aussi faire peut se dire des choses comme des personnes : Ce nuage de poussière me fit qu'une troupe de cavaliers venait ; mais faire ac ne peut se dire que des personnes.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XIV: Il dit au rei : jà mar crerez Marsile
     ib. XLII: Iert i sis nies [son neveu y sera] li quens Rolans, ce crei [je crois]
     ib. XLII: Mort sont li conte, se est qui mei en creit
     ib. LIII: Del rei paien, sire, por ver [pour vrai] creez
     ib. CXII: [Il] Ne creit en Deu le fil sainte Marie
     ib. CCLII: Respont li dus : sire, je vous en crei
     ib. CCLXVIII: Li reis creit Deu, faire veut son service
     ib. CCXCII: Creire [elle] veut Deu, chrestientet demande
    XIIème siècle
     Ronc. p. 12: Ostages bien creüz [en qui on puisse se fier]
     ib. p. 22: Se ne creez mes dits
     ib. p. 27: Creez [croyez] mon los [conseil]
     ib. p. 48: Si voirement come nous le creon
     ib. p. 86: Las ! se jel pert, de ce sui bien creanz, Jamais n'ert jor que n'en soie dolans
     ib. p. 117: Et si [il] cresra sainte crestienté
     ib. p. 121: Dame, cil dex en cui [nous] somes creant
     Couci, I: [Dame] qui croit faus druz [amant] menteor
     ib. XIII: Je sai moult bien qu'ele croit les felons
     Sax. XXIV: Conseil [il] aura creü moult fol et enfantif
    XIIIème siècle
VILLEH.: « Biaus sire, nous avons vos lettres veües, qui nous dient que nous vos creons de tout ce que vos dirés »
VILLEH.: « Et vos feistes mout mal quant vos les creütes »
VILLEH.: « Les lettres disoient que autant les creüt-on comme lor seigneurs »
     Proverbes du comte de Bret. Ms. de St-Germ. f° 114, dans LACURNE: Bien fait qui se porvoit En ce qu'il doit, Ce dit li vilains
CORTOIS D'ARTOIS: « Çà est li bons vins de Soissons ; Sor l'erbe vert et sor les jons Fait bon boivre à henap [coupes] d'argent ; Caiens [céans] croit l'en [l'on fait crédit] toute la gent ; Caiens boivent et fol et saige »
     Berte, XLVI: Se me voulez, bien serez assenée [dirigée]
     ib. XLIX: Constance, dist Symons, je croi que elle ait faim
     ib. LI: Sachiez, vous en avez mauvais conseil creü
     ib. LXVI: Un certain messager qui bien faisoit à [en qui on se pouvait fier] Pour bien faire message, n'estoit pas com le loire
     ib. XCV: Je croi qu'ele soit morte
     la Rose, 4264: Ains croi [je] que sans point de demore, Son hommage [tu] li renoiasses, Ne jamès par amor n'amasses
     ib. 6929: Amors, qui te fait en li , Te tolt ton sens et ta memoire, Et de ton cuer les iex avugle
JOINV.: « Et trouva que le Vieil de la Montagne ne creoit pas en Mahommet, ainçois creoit en la loy de Haali, qui fu oncles de Mahommet »
JOINV.: « Il a maint preuhomme chevalier en la terre des Crestiens et des Sarrazins, qui onques ne crurent Dieu ne sa mere »
JOINV.: « Le saint roi se esforça de tout son pooir, par ses paroles, de moi faire en la loi crestienne »
JOINV.: « Ertaut de Nogent fu le bourgois du monde que le conte creoit le plus »
JOINV.: « Moult de ses gens li loerent [conseillèrent] que il attendist tant que ses gens feussent revenus, parce que il ne li estoit pas demouré que la tierce partie de ses gens ; et il ne les en voult onques »
    XIVème siècle
ORESME: « Et il s'en croient au jugement de ceulz qui sont bons et sages »
LEROUX DE LINCY: « Qui croit paroles doucereuses souvent les trouve venimeuses »
     Baud. de Seb. VIII, 460: Vous parlez saigement ; Se ne croy vo conseil, jammais Diex ne m'ament [m'amende] ; Car de boin conseil , vienent li bien souvent
    XVème siècle
FROISS.: « Il estoit moult aimé et cru en la ville »
ALAIN CHART.: « Puis que nature s'entremit D'entailler si digne figure, Il est à qu'elle y mit De ses biens à comble mesure »
JEAN DE TROYES: « Et le roy, croyant ces choses, s'en alla audit pais de Normandie »
EUST. DESCH.: « Et pour ce à vous bien confesser me doy De [prêter] ainsi, dont j'ai grant repentance, Quant on n'a pas renvoyé devers moy Un prest que fis.... »
COMM.: « Suppliant au roy ne vouloir legierement contre luy et son filz »
COMM.: « Le bruyt d'artillerie faisoit de tous les deux costez quelque grande entreprinse »
     Perceforest, t. VI, f° 107: Quant le roy eut ce ouy, il dit à Tanor : Tanor, ne me croyez jamais, se celluy qui là a parlé n'est Salphar de Liban
     ib. t. V, f° 101: Le roy y estoit en personne, qui à ce siege ne croyoit personne [ne s'en rapportait à personne]
LOUIS XI: « Il ne fut pas maistre pour lors ne cru de faire son vouloir »
    XVIème siècle
CALV.: « Il appert par les livres des anciens Peres que cela estoit receu sans difficulté, de dire l'Eglise, et non pas en l'Eglise »
RAB.: « Ils l'envoyarent vivre en la forest de Biere ; je croy qu'elle n'y soit plus maintenant »
RAB.: « Messieurs, je croy que vous soyez faict mal, pardonnez le nous »
MAROT: « Je croy en Dieu le pere tout-puissant.... Je croy la saincte et catholicque Eglise Estre des sainctz et des fideles une Vraye union, entre eux en tout commune.... Finalement croi la vie eternelle »
MARG.: « Je croy que, avant que recepvez ceste reponse, vous aurez du roy ce que avés demandé »
MARG.: « Je vous supplie le de ce que je l'ay prié vous dire »
MONT.: « S'il en faut du Bellay »
MONT.: « Je ne croy pas que ces mouvements se feissent avecques discours [réflexion] »
MONT.: « Si ce sont medecins, je les crois en ce qu'ils disent de.... »
MONT.: « Je crois de la medecine tout le pis ou le mieulx qu'on vouldra »
MONT.: « Ils croyent les ames immortelles, et les mauldites estre logées du costé de l'occident »
MONT.: « Les grands esprits font un aultre genre de biencroyants »
MONT.: « Au moins se trouveroit-il une chose qui se croiroit par les hommes d'un consentement universel »
MONT.: « Il ne fault pas à chascun, dict le precepte »
LA BOÉTIE: « Du mont souvent armée devalla, Croyant pour vray qu'en la campaigne il soit : Puis ne trouvant personne, s'en alla, Et croit qu'il est monté par autre voye »
LANOUE: « Je n'en diray pas davantage, sinon que je me fay qu'elle en viendroit à bout en huit jours »
DESPER.: « Et, pour cela, il s'en faisoit , et parloit. d'une braveté grande »
AMYOT: « Ses amis allerent enhortans le peuple assistant de à ce qu'il avoit dit »
AMYOT: « Les Megariens le creurent facilement »
AMYOT: « Ne point aux dieux »
AMYOT: « Il leur feit à que Alexandre s'estoit, en dormant, apparu à luy »
RONS.: « Plusieurs croient que le poëte et l'historien soient d'un mesme mestier ; mais ils se trompent beaucoup »
     l'Amant rendu Cordelier, p. 514, dans LACURNE: Legier [ légèrement] fait decevoir ; Il faut congnoistre avant que aymer
COTGRAVE: « Ne à Dieu que sur bons gages »
COTGRAVE: « Fol ne croit jusques à tant qu'il reçoit »
COTGRAVE: « Pour neant demande conseil qui ne le veut »
COTGRAVE: « Qui sempres croit et asne meine, son corps ne sera jà sans peine »

ÉTYMOLOGIE
    Saintong. crére ; wallon, creure ; Berry, creire ; provenç. creire ; espagn. creer ; portug. crer ; ital. credere ; du latin credere.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE CROIRE. - REM.
    6. Racine a dit : Vous croyez qu'un amant vienne vous insulter, Andr. II, 1. Laharpe trouve là une faute évidente qu'il faut corriger en lisant : croyez-vous ? On ne peut être de l'avis de Laharpe ; les exemples cités à la Remarque 1 rendent sa correction tout à fait inutile.
    7. Croyez-moi que, reconnaissez avec moi.
CORN.: « Croyez-moi qu'Alcidon n'en sait guère en amour »
CORN.: « Si tes feux en son coeur produisaient même effet, Crois-moi que ton bonheur serait bientôt parfait »
SÉV.: « Cela [à propos de paroles flatteuses du roi sur les Grignan] fut charmant, et l'on doit être comblé ; mais croyez-moi que les temps changent »
    8. Je l'ai cru s'éteindre, a été dit pour : J'ai cru qu'il s'éteignait.
CORN.: « Hélas ! qu'il était grand quand je l'ai cru s'éteindre, Votre amour, et qu'à tort ma flamme osait s'en plaindre ! »

ÉTYMOLOGIE
    Ajoutez : M. Darmesteter, Mém. de la Soc. de linguistique, t. III, p. 52, a décomposé le verbe credo, en do, je donne, et çrad, coeur (le même que kard, voy. COEUR) : je donne mon coeur, ma foi ; sanscr. çraddadhami ( le a de la terminaison ' dhami' est long).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


("Je crois, tu crois, il croit; nous croyons, vous croyez, ils croient. Je croyais; nous croyions, vous croyiez, ils croyaient. Je crus. J'ai cru. Je croirai. Je croirais. Crois. Que je croie, que nous croyions. Que je crusse, que tu crusses, qu'il crût; que nous crussions, que vous crussiez, qu'ils crussent. Croyant.") Estimer qu'une chose est véritable, la tenir pour vraie, pour certaine. "J'ai de la peine à cela. Vous ne me ferez jamais cela. Je le crois bien. Je n'en crois rien. Il croit cette histoire, ce conte, etc. Ne croyez rien de tout ce qu'il vous dit. C'est un homme défiant, il ne croit que ce qu'il voit. Cela est aisé à . Il le croit bonnement. Permettez-moi de n'en rien . Vous en z ce qu'il vous plaira."
Il se dit particulièrement en matière de religion. "Je crois fermement qu'il existe un Dieu. Croire les mystères, les articles du symbole. Les chrétiens croient tout ce que l'Église enseigne. Croire l'Évangile. Croire l'Église catholique, la communion des saints, la présence réelle, etc."
Fam., "Croire une chose comme l'Évangile, comme article de foi," La fermement. "Croire tout comme article de foi," Être fort crédule.
Fam., "Si vous ne le croyez pas, allez y voir," se dit À une personne qui doute de ce qu'on lui dit. "J'aime mieux le que d'y aller voir," se dit en parlant D'une chose dont on doute, mais qu'on ne veut pas se donner la peine de vérifier, d'examiner.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



s'emploie quelquefois absolument. "Croire légèrement. Croire sans preuve. Croire facilement. Il ne faut pas être si facile à ."
Il signifie, dans une acception particulière, Avoir la foi, et recevoir avec soumission d'esprit tout ce que l'Église enseigne. "À la première prédication des apôtres, beaucoup de Juifs crurent. Cet impie ne croit point."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



lorsqu'il a pour régime un nom de personne, signifie, Ajouter foi à quelqu'un, ou Suivre ses avis, ses conseils. "Croyez-vous cet homme-là? Je vous crois. C'est un menteur avéré, on ne le croit plus, il ne peut plus se faire . Il ne croit point les médecins. Croyez-moi, ne faites point cela. S'il avait voulu me , il ne serait pas aujourd'hui dans l'embarras."
"En quelqu'un, en quelque chose," S'en rapporter à quelqu'un, à quelque chose. "Je vous en croirai sur parole. Il aura beau dire, il n'en sera pas cru. Je n'en croirai là-dessus que des arbitres, que des avocats. M'en z-vous? Si vous m'en croyez, vous ne ferez pas cela. À l'en , s'il faut l'en , tout est perdu. J'en crois à peine mes yeux. En z-vous cette lettre? Si j'en croyais mon courage. S'il faut en les apparences."
Neutral., "Croire à quelqu'un, à quelque chose," Ajouter foi à quelqu'un, à quelque chose, s'y fier. "Croire aux astrologues, aux médecins. Croire à l'astrologie, à la médecine. Croire au rapport, au témoignage de quelqu'un. On ne croit plus à ses promesses, à ce qu'il dit." Cette locution n'est plus guère usitée en parlant Des personnes; on dit ordinairement, "Croire quelqu'un."
"Croire à quelque chose," signifie aussi, Être persuadé de l'existence ou de la vérité de quelque chose, y donner sa croyance. "Il proteste de son innocence, mais je n'y crois pas. Croire aux revenants, aux esprits, aux sorciers, à la magie. Croire aux miracles, au Saint-Esprit." On dit dans le même sens, "Croire en Dieu, en" JÉSUS-CHRIST, "en la divinité de" JÉSUS-CHRIST, "etc."



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore simplement, Penser, estimer, s'imaginer, présumer. "À ce que je crois. Vous ferez bien, je crois, de ne plus fréquenter cet homme-là. Je crois cela bon. Je crois cet homme capable de tout. Je l'avais toujours cru sage. Le croyez-vous homme d'honneur? On trouve ce médecin miraculeux, mais je le crois un charlatan. On me croyait son père. Elle n'est pas aussi jeune que je l'avais cru. Votre soeur est plus petite que vous, je l'avais crue aussi grande. Qui aurait jamais cru cela? Vous ne sauriez combien... Que va-t-on de moi? Je ne crois pas cela de lui. Je crois tout de lui. Je lui crois du talent, du courage. Il a cru bien faire. Il a cru devoir les prévenir. Ils croient être libres. Elle crut entendre des gémissements. Il crut pouvoir atteindre à la perfection. Je croirais manquer à mon devoir. Il croyait gagner son procès. Je crois que vous avez bien fait. Viendra-t-il? Je le crois. Je crois qu'il est arrivé. Je crois qu'il arrivera demain. Croyez que rien ne saurait ébranler ma résolution. Ne croyez pas que je veuille vous tromper. Croit-il que je veuille le tromper? Croyez-vous qu'il n'en sera pas mécontent? C'est une erreur de qu'ils aient jamais voulu, etc. On croirait, à l'entendre, que"...
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel. "Cet homme se croit habile. Il se croit un foudre de guerre. Il se crut obligé de répondre. Il se croyait au moment de réussir."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

Faut-il prononc. "crêre", ou "croâ-re"? Plusieurs admettent les deux prononciations; la 1re, pour la conversation: la 2de pour le discours soutenu. Un habile homme interrogé, comment il falait prononcer ce mot, répondit: je "crais" qu'il faut prononcer, je "crois". L'Ab. "Tallemant", dans le Recueil des Décisions de l'"Acad. Franç." (1698) dit que la prôse adoucit la prononciation à plusieurs mots, comme "croire", qu'elle prononce "craire". La question est encôre indécise: le plus sûr est de toujours prononcer "croâre", je "croâ", nous "croa-ion", etc.
- On dit, dans l'"Ann. Lit." 'M. "Retif de la Brétone" écrit "craire" au lieu de "croire", comme s'il était convenu généralement de prononcer de la première manière. Cette prononciation même n'est-elle pas ridicule, comme "endrait" pour "endroit", "étrait" pour "étroit", "fraid" pour "froid", etc.
   CONJUG. Je "crois", nous "croyons", ils "croient" (et non pas "croyent", qui ferait deux syllabes, "croa-ient".); je "croyais", nous "croyions", vous "croyiez", ils "croyaient". Je "crus", j'ai "cru" (et non pas "crû", avec l' acc. circ.) Je "croirai", "croirais"; que je "croie". (Pron. "croâ", monos. et n'écrivez pas "croye", qu'on prononcerait "croa-ie", et qui serait dissyllabe.); que je "crus", tu "crusse", il "crut" (et non pas "crût", avec l'accent.); "croyant", "cru".
   "Rem." 1°. L'"Académie" écrit à l'Imparfait comme au présent, nous "croyons", vous "croyez"; c'est confondre un temps avec l'aûtre. Plusieurs Auteurs le font de même":" 'Nous "croyons" la chôse finie, mais le lendemain la scène changea. "Let. Édif." Je crois qu' il faut écrire et prononcer, nous "croyions".
   2°. On écrivait aûtrefois je "creus", tu "creus", il "creut". J'ai "creu". Aujourd'hui on écrit, et l'on prononce~ je "crus", etc. J'ai "cru". Quelques-uns y mettent mal-à-propos un accent circ. sous prétexte de marquer la supression de l'"e"; mais cet accent n'est plus employé aujourd'hui, par ceux qui écrivent bien, que pour marquer les syllabes longues.
   CROIRE; c'est 1°. Estimer une "chôse" véritable. 'Je "crois cela", je ne "le crois" pas; j' ai peine à "le ": il "croit" cela comme l'Évangile, etc.
- 2°.  "Ajouter foi" aux "persones". Il se dit alors, ou avec le régime direct (l'accusatif): je "vous crois". 'C'est un menteur, on ne "le croit plus": il faut "en les" Auteurs, "les" Médecins, "les Avocats"; "ou" il est "neutre", et régit le datif (la prép. "à"). 'Je ne veux pas "y "; " à" cet homme. 'Il ne faut pas " au" raport, "au" témoignage de cet homme. "Croire aux" Médecins, "aux" Avocats.
   "Rem." I. Quelquefois "croire" a des sens diférens, suivant ses diférens régimes. Par exemple, " aux" sorciers, "aux" revenans, "aux" silphes, c'est qu'il existe des sorciers, des revenans, des silphes, 'Elle a la bêtise de " aux" revenans. Élise "croyait aux" silphes, et brûloit d'envie d'en avoir un. "Marm."
- "Croire les" sorciers, c'est vrai ce qu'ils vous disent. = Ces deux régimes et ces deux acceptions de "croire" sont réunis dans cette phrâse de "Bossuet". 'Il n'y a point de diférence entre " l'"Église catholique, et " à l'"Église catholique. Il veut dire que dès là qu'"on croit qu'il existe" une Église catholique, on doit " ce qu'"elle enseigne.
   II. Le datif, régi par "croire", done souvent à ce verbe le sens de "se fier à"...
   O ciel! qu'on doit peu "croire"
   "Aux" dehors imposans des humaines vertus!
       "Gress." Édouard.
Et quelquefois aussi, le sens d'"espérer". 'Son malheur étoit trop grand, pour qu'elle pût " à" quelque moyen d'y remédier. "Anon." Mais ce régime n'est que pour les "chôses", en ce sens. = * "Molière" lui fait régir l'ablatif (la prép. "de") de la "persone", et lui done le sens de "présumer". 'Sans trop " de" moi.
- "Croire" n'a pas cette signification et ce régime, en ce sens. On dit, je "crois" tout "de lui", c. à. d. "tout ce qu'"on me dit sur son compte; mais on ne dirait pas, "je crois tout de lui", pour dire, "j'espère" tout ce qu'on me promet de sa part, je le crois capable de le faire.
   III. "Croire" se dit des chôses, dont on n' est pas bien assuré. Il est donc ridicule de l'apliquer aux vérités certaines de l'Histoire. 'Tandis que la paix régnoit en Europe, je "crois que" Ferdinand le catholique mourut, dit le Traducteur de M. "Hume". C'est un anglicisme; un tour particulier à la langue anglaise, qu'il ne falait point transporter dans notre langue. Il falait dire simplement: Tandis que la paix régnait en Europe, Ferdinant le Catholique mourut.
   IV. "S'en ", c. à. d. en à ce qu'on voit, ce qu'on entend.
   Que vois-je? Ah! je "m'en crois" à peine.
   Quoi! c'est vous, Arondel, c'est vous que je revois?
       "Gress." Edouard.
On en le dit guère qu'avec "à peine".
  V. RÉGIMES. "Croire" régit l'infinitif sans prép. ou la conjonction "que", avec l'indicatif ou le subjonctif. Le premier régime s'emploie lorsque le verbe régi se raporte au sujet du v. "croire"; le second, quand il ne s'y raporte pas: "je crois pouvoir" le faire; "je crois qu'il pouvait" le faire. Quelques-uns mettent mal-à-propos la prép. "de" devant l'infinitif. 'Les nouveaux Philosophes "croient d'avoir trouvé" le secret d'une teintûre, qui blanchit tout ce qui est noir, et qui noircit tout ce qui est blanc. Déplorable secret! Malheureuse invention! "Le Chev. des Sablons". Il falait dire, "croient avoir trouvé", etc. 'On "croit de l'avoir" déja prouvé. "Brès", Avocat. 'Je "crois de penser" à ce moment, et "de dicter" à mon copiste. "Crousaz". 'Les Romains "avoient cru de" leur "rendre", etc. "Id." Retranchez "de" dans ces phrâses.
   1°. Le "que" après "croire" régit l'indicatif, quand le sens est afirmatif, et le subjonctif, quand le sens est négatif ou interrogatif: je "crois qu'"il "viendra": je "ne crois pas", ou "croyez-vous qu'"il "viène"? '"Croyez-vous que" ses parens "soient" inexorables? "Marin", Julie. Plusieurs Auteurs ont employé le subjonctif, quoique le sens fût afirmatif.
   La plus belle des deux, je "crois que" ce "soit l'"autre.
       Corn.
Il falait, "que c'est l'autre"; mais le vers aurait manqué d'une syllabe.
   Vous "croyez qu'"un amant "vienne" vous insulter.
       Racine.
Selon l'usage, il faudrait:
  Vous "croyez qu'"un amant "viendra" vous insulter.
Ou bien:
  "Pensez-vous qu'"un amant "vienne" vous insulter"?"
   "Voiture" a employé ce mode, croyant mal-à-propos que le sens était négatif. 'Une des causes qui m'obligent à cette heure de me reconcilier, c'est "la crainte que", si je vous témoigne de la haine, on "ne croie qu'"elle "viène" (vient) d'envie plutôt que d'un juste ressentiment.
- Ce qui a trompé cet Auteur, dailleurs très-correct pour son temps, c'est la particule négative "ne", qui afecte "croire"; mais cette particule n'est point comandée en cet endroit par le sens négatif; mais par le substantif "crainte": le sens est afirmatif. C'est comme si l'on disait: si je vous temoignais de la haine, on "croirait qu'"elle "vient" d'envie, etc. voilà ma crainte, et cette crainte m'oblige à me réconcilier. = M. l'Ab. "Du Bos", qui avait une prédilection peu commune pour les subjonctifs, et qui les prodiguait souvent contre les règles, s'est aussi servi de ce mode dans une phrâse afirmative. 'S'il se rencontre quelque sphinx d'une beauté merveilleûse, on peut " qu'"il "soit" (qu'il est) de quelque Sculpteur Grec.
   Au contraire, d'aûtres Auteurs mettent l'indicatif à la place du subjonctif dans des phrases négatives: 'Je "ne crois pas qu'"il "seroit" ("qu'"il "fût") juste de détruire tout d'un coup le droit de l'Empire Romain. 'Je "n' avois point cru que" M. Newton "étoit" (fût) capable d'employer cette objection. "Leibnitz". Cela est pardonable à un étranger; mais des Auteurs, français d'origine et d' éducation, ont fait la même faûte; ce qui est plus surprenant. 'On prie Mr de St. Ange de "ne pas qu'"il y "a" (qu' il y "ait") des absurdités dans Ovide, toutes les fois qu' il ne pourra pas l'entendre, sans lui en suposer. "Journ. de Mons." '"Croyez-vous qu'"aujourd'hui on "peut" (on "puisse") suporter ces idées de perfection? "Anon."
   2°. Quand la négative afecte le verbe régi, comme le verbe "croire", le câs est plus embarrassant. Faut-il dire, par exemple, je "ne crois pas que" je "ne" le "fasse pas"; ou "que" je "ne" le "fasse", en retranchant "pas"; ou bien: je "ne crois pas ne pas" le "faire", en se servant de l'infinitif?
- Mde. de "Sévigné" a employé la seconde manière, qui me plairait assez. 'Je "ne crois pas que" je "ne pleure" quand je verrai, etc. L'infinitif me parait bon aussi en pareil câs. Mais, à mon avis, la première manière ne vaut rien du tout: je "ne crois pas que" je "ne pleure pas", etc.
   3°. "Croire que", dans les phrâses interrogatives, a des sens diférens, suivant qu'il régit le futur ou le subjonctif. "Croyez-vous qu'"il le "fera"? signifie: je crois qu'il ne le fera pas, et vous seriez trop simple de le . "Croyez-vous qu'il le fasse"? veut dire: je doute qu'il le fasse; je ne sais s' il le fera. "Extr." de Mr. "Andry de Bois-Regard".
   4°. "Il est à que", a les mêmes régimes que "croire:" '"Il est à qu'"il le "veut" ainsi: est-il qu'"il le "veuille", ou "qu'"il le "voudra" ainsi?
- On met aussi, "il est à " sans "que", en parenthèse. 'Une mort chrétienne le mit en possession, "comme il est à ", de la récompense que méritoient ses soufrances et la fermeté de sa foi. "Lett. Edif."
   5°. Pour revenir au régime de l'infinitif, on ne doit l'employer qu'avec les verbes qui se raportent au sujet de la phrâse, et non au régime. 'Je croyois cette brochure intéressante, parce que je "la croyois contenir" les actions journalières d'un grand Prince. M. "de Barruel". Il falait: "je croyais" "qu'elle contenait," etc.
   6°. Quelquefois, dans la conversation, on suprime le pron. "le" devant "croire". 'Vous en viendrez "à" bout.
- Vous "croyez"?
- Je le crois. On dit, "vous croyez"? pour, "vous le croyez"?
   CROIRE, signifie aussi avoir la foi, et recevoir avec soumission tout ce que l'Église enseigne. Il s' emploie, ou "neutralement" et sans régime: 'À~ la première prédication des Apôtres, les Juifs "crurent". 'Il "ne croit point", c'est un impie; ou avec la prép. "en" ou "à" pour régime: " en" Dieu, "en" J. C. "au" St. Esprit, "à la" Ste. Eglise catholique, etc.~
- M. "Crouzaz" lui fait régir la prép. "dans". 'Les hommes vicieux et tirans "crurent dans" des Dieux tirans et vicieux. J'aimerais mieux "en" que "dans"; mais, "à des Dieux" vaut mieux encôre.




Emplacement dans le dictionnaire :

crochetée
crocheter
crocheteur
crochu
crocodile
crocodiliens
crocodiliens
croconique
crocus

croisade
croisat
croisé
croisée
croisement
croiser
croiseté
croisette
croisetté
croiseur
croisier




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...une époque et une civilisation déterminée, c'est, à la fois, leur haute antiquité et la manière dont elles se sont développées dans l'histoire. Si elles dataient uniquement du moyen âge, on pourrait croire, en effet, que, nées avec un système politique, elles devaient nécessairement disparaître avec lui. Mais, en réalité, elles ont une bien plus ancienne origine. En général, elles apparaissent dès...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...d'abnégation, le foyer par excellence de la moralité, c'est en vertu de caractères tout particuliers dont elle aurait le privilège et qui ne se retrouveraient ailleurs à aucun degré. On se plaît à croire qu'il y a dans la consanguinité une cause exceptionnellement puissante de rapprochement moral. Mais nous avons eu souvent l'occasion de montrer que la consanguinité n'a nullement...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...d'une telle organisation n'aurait donc rien de rigide, et, par suite, se trouverait naturellement en harmonie avec l'équilibre mobile des besoins et des idées. Il faut, d'ailleurs, se garder de croire que tout le rôle de la corporation doive consister à établir des règles et à les appliquer. Sans doute, partout où il se forme un groupe, se forme aussi une discipline morale. Mais l'institution de...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...vivent alors les hommes ne permettent pas qu'elle soit autrement, et la preuve en est qu'elle change quand ces conditions changent, et seulement dans ce cas. Il n'est plus aujourd'hui possible de croire que l'évolution morale consiste dans le développement d'une même idée qui, confuse et indécise chez l'homme primitif, s'éclaire et se précise peu à peu par le progrès spontané des lumières. Si les...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...défiance et sans arrière-pensée. Toutefois, le lecteur doit s'attendre à y rencontrer des propositions qui heurteront certaines opinions reçues. Comme nous éprouvons le besoin de comprendre ou de croire comprendre les raisons de notre conduite, la réflexion s'est appliquée à la morale bien avant que celle-ci ne soit devenue objet de science. Une certaine manière de nous représenter et de nous...


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